Le juge des référés de Cayenne vient de mettre un premier coup d’arrêt au projet énergétique le plus décrié de Guyane : une centrale au fioul située dans une zone de mangroves soumise à des risques d’inondation. Saisi par les associations Guyane Nature Environnement (GNE) et France Nature Environnement (FNE), le tribunal administratif a souligné, dans sa décision du 27 juillet, « un doute sérieux quant à la légalité » de l’autorisation environnementale de la future centrale, développée par EDF-Pei (production électrique insulaire) pour un coût de cinq cents millions d’euros. L’arrêté préfectoral du 22 octobre 2020 autorisant sa mise en exploitation est donc temporairement suspendu jusqu’à ce que la justice statue sur le fond.
En février dernier, GNE et FNE déposaient au tribunal administratif quatre recours pour contester les autorisations préfectorales accordées fin 2020. Le 7 juillet, les associations saisissaient le juge de référés « avant qu’il ne soit trop tard », car, sur le site du Larivot, les travaux de déboisement et de terrassement ont commencé. Pour GNE, il s’agit du « premier référé gagné » et pour FNE du « premier succès en référé face à EDF ».
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L’opposition à cette centrale thermique s’est structurée à la suite de l’enquête publique tenue il y a un an, en mai-juin 2020 — de manière entièrement dématérialisée — et qui a abouti à un avis négatif du commissaire-enquêteur. Les opposants dénoncent un projet « insensé ». La future centrale du Larivot, d’une puissance de 120 mégawatts, devrait fonctionner au fioul léger, émettant d’après les évaluations de FNE « plus de 455 000 tonnes de CO2 par an » — « l’équivalent de 455 000 allers-retours Paris-New York en avion ». Le site retenu pour son installation se trouve dans une zone marécageuse et de mangroves, soumise à des risques d’inondation et de submersion marine, dans l’estuaire de la rivière de Cayenne. Pour alimenter la centrale en fioul depuis le grand port maritime, un oléoduc de quatorze kilomètres doit traverser trois communes de l’agglomération cayennaise, à proximité immédiate d’habitations et de zones humides.
Le tracé de l’oléoduc ainsi que l’emprise de la future centrale. EDF-Pei
Le juge des référés a retenu deux éléments qui lui font douter de la légalité de l’autorisation environnementale de la centrale : son…
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Auteur: Hélène Ferrarini Reporterre

