Comment s’expliquer que chaque épisode de liesse populaire soit indissociable de scènes émeutières ? Comment se fait-il que la joie ordinaire se combine aussi systématiquement à des éruptions de colère ? Au lendemain de la victoire du Paris Saint-Germain, les habituels représentants et commentateurs du parti de l’ordre font mine de s’interroger. C’est à une autre question, bien moins rhétorique, que nous nous intéressons ici : pourquoi le football est-il aussi populaire ? Qu’est-ce qui se joue dans une partie et qui propage autant le suspens que la joie ? Dans le texte qui suit extrait de Dix sports pour trouver l’ouverture(éditions lundimatin, le philosophe Fred Bozzi démontre que le football contient dans sa pratique même, une sommation collective.
Il sera ici démontré que le football est un sport véritablement populaire. Certes la perspective médiatique entretient à son sujet une illusion de solidarité, qui va du terrain aux tribunes, pour servir un business basé sur les individus-marchandises, et qui appauvrit les masses. Mais sur la pelouse, en dépit de leur isolement et des nombreux facteurs de désolidarisation liés à l’adversité, les joueurs s’activent précisément pour effectuer une sommation collective : ils se font relais du trajet du ballon jusqu’au tir, malgré les risques d’interception et de contre. C’est à ce spectacle que vient assister le public : sur fond de possible désunion, il découvre un délicat tissage en train de se faire. Il l’éprouve même, et y participe. La ferveur populaire vient ainsi du surgissement du collectif là où il est des plus fragiles. C’est très inspirant pour les luttes populaires, et pour qui cherche le soulagement d’être ensemble.
Le football est le sport le plus populaire au monde. Non pas parce qu’il compterait le plus grand nombre de licenciés (c’est le volley-ball), mais dans le sens où c’est le sport de ceux qui jouent avec pas…
Auteur: dev

