Cette décision, qui constitue une victoire historique pour l’environnement et le climat, envoie également un signal fort à l’ensemble de l’industrie fossile, quelques jours avant l’ouverture de la COP30.
La genèse d’une action en justice inédite
En 2021, le géant pétrolier français a orchestré son changement de nom de Total à TotalEnergies, non sans un large arsenal publicitaire. À en croire sa publicité agressive, Total serait soudainement devenue une entreprise « multi-énergies », elle ferait tout pour « contribuer à atteindre la neutralité carbone » et serait désormais un « acteur majeur de la transition énergétique »…
Or, les chiffres qui se cachent derrière ces beaux discours sont peu reluisants. En effet, les énergies fossiles représentaient en 2024 encore plus de 97 % de la production énergétique globale de Total et près de 80 % de ses investissements.
Derrière des panneaux publicitaires teintés de vert et ponctués d’éoliennes et autres panneaux solaires, Total mise en réalité encore très majoritairement sur les énergies fossiles. Rappelons que la responsabilité de celles-ci dans les dérèglements climatiques est unanimement reconnue, malgré les efforts intenses de Total pour semer le doute. En Ouganda et en Tanzanie avec son méga-projet pétrolier EACOP, au Mozambique avec son méga-projet gazier Mozambique LNG (dont la menace de la relance fait courir de graves risques pour les populations, dans un contexte humanitaire et sécuritaire très inquiétant), mais aussi en Arctique, au Suriname, et partout ailleurs, les violations des droits humains et les dommages climatiques et environnementaux causés par Total se multiplient.
C’est en raison de l’écart irréconciliable entre la communication de Total et la réalité de ses activités que les Amis de la Terre France, Greenpeace France et Notre Affaire à Tous, ont décidé, avec le soutien de ClientEarth, d’assigner Total en justice le 2…
Auteur: Juliette Renaud

