Mise à jour le 16/09
Le Parlement européen a soutenu en session plénière, le 16 septembre, le veto adopté la semaine dernière par la commission Environnement contre la hausse des Limites Maximales de Résidus (LMR) du flupyradifurone — un néonicotinoïde controversé — dans le colza. Le vote s’est tenu dans le cadre de la procédure de contrôle des actes délégués de la Commission européenne : 383 voix pour le rejet, 278 contre et 9 abstentions. La Commission ne pourra donc pas relever cette LMR, qui reste à son niveau actuel, plus protecteur.
Le flupyradifurone, un néonicotinoïde qui ne dit pas son nom
Autorisé dans l’UE depuis 2015, le flupyradifurone est présenté par Bayer comme appartenant à une famille distincte (les buténolides), mais son mode d’action systémique est celui d’un néonicotinoïde classique — une classification qui vise surtout à éviter la mauvaise réputation associée à cette famille de pesticides (comme cela avait été le cas pour le sulfoxaflor, depuis interdit).
Des recherches indépendantes ont montré sa toxicité pour les abeilles, en particulier les bourdons et les abeilles sauvages. L’État membre rapporteur (la Grèce) a déjà conclu qu’aucun usage extérieur ne pouvait être considéré comme sûr pour les abeilles sauvages, et une étude récente (Cöllen et al., 2026) indique que cette substance perturbe le fonctionnement des neurones chez les mammifères.
Un risque sous-estimé pour le cerveau des enfants
Si la toxicité des néonicotinoïdes pour les pollinisateurs est désormais bien connue, leur impact sur le développement cérébral des fœtus et jeunes enfants reste largement ignoré des politiques publiques. Ces substances systémiques franchissent la barrière placentaire et interagissent avec les neurones en développement ; l’exposition prénatale ou en petite enfance est associée à une baisse des fonctions cognitives et à un risque accru de tumeurs…
Auteur: nadine
