Collision d’actualités ce jeudi pour les résistances écologiques de terrain. Les batailles juridiques peuvent être utiles, mais ne sauraient suppléer à la mobilisation active
Ça n’est pas tous les jours que la publication d’un communiqué de presse est annoncée pour très tard dans la soirée. Annoncée, et très attendue. Ça n’est pas tous les jours non plus que des activistes de terrain peuvent se réjouir d’une victoire totale après des années de lutte. Ce communiqué publié jeudi 21 octobre aux alentours de 23 heures était celui du Collectif Oxygène. Un collectif militant, constitué voici sept ans pour empêcher le projet Oxylane.
Ce projet prévoyait l’implantation d’un magasin Decathlon, et autres enseignes satellites, sur 28.000 mètres carrés de terres agricoles, au bord de la route de Saint-Clément-la-Rivière, à la sortie de Montpellier côté Ganges. Une zone déjà ravagée par un capharnaüm de grandes surfaces et autre immobilier entrepreneurial : la monstruosité du modèle capitaliste destructeur du vivant.
Ce communiqué dans la nuit de jeudi officialisait une décision passablement éventée : soit l’adoption par le conseil municipal de Saint-Clément-la-Rivière, délibérant ce même soir, d’un Plan local d’urbanisme qui classe en terres agricoles l’emprise du projet Oxylane. Cela en suivant les recommandations fermes du rapport du commissaire enquêteur à ce propos. Mais cela en contradiction avec le permis de construire pourtant accordé par cette même commune en 2014 pour permettre la construction du centre commercial.
La bonne nouvelle de ce revirement s’est doublée d’une autre, jusque là moins sûre, également dans cette journée de jeudi 21 octobre : Decathlon renonce purement et simplement à son projet (alors que son permis de construire restait tout à fait valide). La victoire des opposants est donc pleinement politique. D’ailleurs tous leurs recours en justice depuis sept ans avaient été tranchés en leur défaveur (à une exception près). L’intérêt de ce volet légaliste a été d’allonger les délais freinant la mise en œuvre du chantier ; et d’exploiter toute cette durée pour multiplier les actions militantes, voire finir par décourager l’adversaire.
Dans Midi Libre ce vendredi, Lionel Le Marquand, directeur régional de l’équipementier sportif pointait les délais écoulés depuis 2014, comme ceux d’ « un changement d’époque ». A son côté, Laurence Cristol, maire de Saint-Clément, pointe « le changement…
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Auteur: Le Poing

