Filmer, monter, publier des vidéos sur les réseaux sociaux est désormais une activité centrale dans la vie sociale des jeunes. Mais c’est aussi une activité complexe, voire dangereuse, notamment pour les jeunes femmes. Que filment-elles, que ne filment-elles pas et pourquoi ? Retour sur les enseignements d’une enquête.
Dans un article daté du 12 mars 2025, France 3 Normandie relatait que plusieurs jeunes filles dans le département de la Manche, étaient victimes de fausses vidéos, appelées « deepfakes », à caractère « pornographique et érotique ».
En France, comme dans nombre d’autres pays, les activités liées à la réalisation, à l’édition et au partage de vidéos occupent une place croissante dans la vie sociale. Poster une vidéo sur TikTok, Instagram, WhatsApp ou LinkedIn est un moyen courant de créer du lien avec ses amis ou sa famille, de promouvoir une activité professionnelle, d’exprimer sa créativité, de partager un point de vue politique.
Cependant, la pratique de ces activités par les jeunes est en partie genrée. Sans qu’on en arrive systématiquement à des cas aussi graves que des vidéos falsifiées, on peut dire que, pour les jeunes femmes, publier des vidéos, notamment des vidéos où elles apparaissent, s’inscrit dans un apprentissage plus général de la mise en scène de soi qui comporte des normes, des défis et des risques à gérer.
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Afin de mieux comprendre ces dynamiques, nous avons choisi d’interroger, lors d’entretiens approfondis, 19 jeunes femmes âgées de 18 à 21 ans (avec l’aide des étudiantes de licence de sciences de l’éducation de l’Institut catholique de Paris-ICP). Il s’agissait pour nous de…
Auteur: Laurent Tessier, Professeur de sociologie, Institut catholique de Paris (ICP)

