Alors que tout le monde semble accablé par la propagation d’une misère fasciste, le nouveau journal-tract breton Torr e benn propose a contrario de diffuser et propager son programme pour un luxe communal.
Entre la grisaille du monde et l’éclat des splendeurs fausses du capitalisme triomphant, on peine à entrevoir un peu d’espace pour que nos espoirs et nos joies trouvent à s’épanouir dans le temps et à se diffuser dans la foule. Les grands récits de changements heureux sont tombés et il ne nous reste, souvent, plus que les petits arrangements avec le réel mesquin pour espérer, simplement, vivre correctement. Même les artistes et gens de cultures, dont on pense si souvent qu’ils rêvent à de grands lendemains qui chantent, même eux, ne parlent plus que de taux de TVA, de cotisations retraite et de coupes dans les budgets. C’est dire si la douce utopie artistique ou la radicalité révolutionnaire des avants-gardes se sont évaporées face à la chape de plomb de l’époque…
Bien sûr, les artistes, et toutes celles et ceux qui collaborent aux mondes de la culture, ont raison de chercher à préserver les quelques menus moyens à leur disposition. On ne leur donnera pas tort non plus quand ils poussent un peu pour obtenir quelques conditions meilleures, par exemple en souhaitant étendre le régime de l’intermittence, ou en créant une sécurité sociale de la culture. Mais, nous qui sommes gardiens de nuit, enseignantes précaires, graphistes, imprimeurs, musiciennes, manutentionnaires parfois, partant du caractère composites de nos vies, ce sont d’autres désirs qui nous animent. Des désirs qui chamboulent et bouleversent, qui meuvent et soulèvent. Des désirs qui permettent de dépasser l’identité de métier et qui invitent tout le monde à se lier dans le bonheur de créer pour autrui.
Organiser une série de petits chantiers-écoles pour dessiner et réaliser des vitraux afin de décorer un hangar associatif….
Auteur: dev

