Cet extrait, terminé dans l’urgence pour paraître et circuler ces jours-ci, donne un récit du déclenchement de la révolution, dans Francfort-sur-le-Main, entre le 7 et le 10 novembre 1918.
Vies de Grönke et Stickelmann racontées à partir du récit qu’en fit Frank Neuland dans Les Matelots de Francfort publié en 1991 en Allemagne
[Extrait]
L’un des seuls documents qui d’après Neuland atteste de façon absolument sûre qu’exista une décision délibérée de faire partir de Kiel (où la révolution avait éclaté le 3), en direction de plusieurs grandes villes du Reich des contingents de marins selon un plan concerté ; et de constituer ces contingents de telle manière que les hommes, autant qu’il était possible, soient envoyés dans une ville qui ne leur serait pas étrangère : qu’ils connaîtraient pour y être nés et y avoir grandi ; y avoir travaillé et vécu avant-guerre ; ou pour quelque autre raison moins évidente ; de sorte qu’en débarquant ils n’y soient pas sans repères ni possiblement sans appui – est l’article d’un journal de Francfort, la Volkstimme, daté du 9, dans lequel on lit au milieu de la relation des plus récents événements survenus sur la côte : « … plusieurs milliers de marins ont été transportés dans l’intérieur de l’Allemagne par trains spéciaux ». N’était d’ailleurs cette phrase qu’il est possible d’aller relire aujourd’hui, comme très certainement Neuland le fit, dans l’un des exemplaires de ce quotidien ayant échappé aux destructions du temps, et que conservent au milieu d’immenses collections d’autres journaux (dans des magasins le plus souvent spéciaux) plusieurs bibliothèques à Francfort même, ou ailleurs en Allemagne – que la conviction qu’une telle décision concertée existât, et que dès le 4 ou le 5 la prirent en conscience, à Kiel, les Conseils d’ouvriers et de soldats qui venaient de se constituer, n’en serait pas moins elle-même suffisamment confortée, ou suffisamment constituée, par le fait que dans un grand nombre de villes du Reich (à Berlin, à Mayence, à Munich, à Leipzig…) la révolution éclata, et que dans toutes ces mêmes villes, Munich exceptée, elle fut immédiatement précédée de l’arrivée de tels trains. En bandes inégales que guidaient d’autres ou se guidant elles-mêmes, ces troupes d’hommes gagnèrent dans l’intérieur des villes les lieux qui les premiers devaient être pris. Les vêtait l’« habit bleu », célèbre dans le pays entier pour être celui des…
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Auteur: dev

