Vigilance orange, colère rouge : plus de 10 000 manifestants sous le déluge à Montpellier

Ni l’épisode cévenol ni les cordons de CRS n’ont eu raison de la journée de grève intersyndicale de ce jeudi 5 novembre. Soignants, cheminots, paysans et lycéens ont défilé ensemble pour les salaires et les services publics, avant qu’une partie du cortège ne tente de rejoindre un Écusson bouclé par la police

La météo est-elle contre-révolutionnaire ? On se pose sérieusement la question à 14 heures, ce jeudi 5 novembre, place Max-Rouquette, où quelques dizaines de personnes s’amassent sous une pluie diluvienne. L’Hérault est placé en vigilance orange pour pluie et inondations. Sous un parapluie jaune aux couleurs de son syndicat, on croise Morgane Bara, co-porte-parole de la Confédération paysanne : « On est très contents de voir la jeunesse bouger. On a toujours dit que le monde agricole n’était pas un monde à part. Cela fait des années que l’on milite pour un vrai revenu paysan, et quand on voit les gens sortir dans la rue pour de meilleures conditions de vie, bien sûr qu’on se sent concernés. »

Sur l’agriculture, elle attend des pouvoirs publics « un minimum d’anticipation de la claque climatique qui nous arrive dessus. On l’a vu cet été, et on le voit encore aujourd’hui », dit-elle en pointant le ciel du doigt. « Ici, en Occitanie, on devrait avoir un plan de recherche de pointe en matière d’adaptation au dérèglement climatique, mais on n’a rien. La viticulture est en crise, on arrache des vignes de partout, et il n’y a aucune anticipation sur ce qu’on peut faire de ces terres pour nourrir les populations, enrichir les sols. À la place, on nous propose des bassines… »

Le ciel s’est trompé de pronostic. Quand le cortège s’élance cours Gambetta, il s’étire sur plusieurs centaines de mètres, et on finira par compter plus de 10 000 personnes. En chemin, une jonction se fait spontanément entre le cortège du CHU et celui des lycéens.

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Auteur: Elian Barascud