Une page se tourne en Hongrie. Dimanche 12 avril, le conservateur libéral Peter Magyar, 45 ans, a été élu Premier ministre. Il succède ainsi à Viktor Orbán, le parrain de l’extrême droite européenne populiste, raciste et climatosceptique.
Pendant près de seize ans, le régime semi-autoritaire de Viktor Orbán a soufflé le froid sur les questions écologiques, sabotant l’une après l’autre des initiatives ambitieuses, et laissant le pays sans cap clair face au réchauffement climatique. Ce, alors que les sécheresses touchent chaque année plus durement ce pays d’Europe centrale. Le régime Orbán s’est aussi distingué par ses attaques contre les droits des personnes LGBTQI+, par sa politique hostile aux personnes migrantes et réfugiées, ou encore par son démantèlement des protections sociales.
Sur sa politique climatosceptique, un fait en dit long : le pays n’a plus de ministère de l’Environnement depuis 2010. Depuis seize ans, les questions environnementales sont rattachées au ministère de l’Agriculture : « L’absence d’un ministère de l’Environnement en Hongrie est bien sûr très problématique, cela donne moins de poids aux questions environnementales, témoignait Robert Fidrich, militant écologiste hongrois, auprès des Amis de la Terre. Inversement, les grandes entreprises agroalimentaires ont beaucoup d’influence sur le ministère de l’Agriculture. »
Hold-up sur les terres hongroises
Lors de son élection en 2010, Viktor Orbán avait pourtant soutenu une stratégie de développement rural reposant sur l’agriculture biologique et familiale, avec une revitalisation des campagnes autour de l’artisanat. « Au lieu de devenir le laboratoire de l’illibéralisme, la Hongrie aurait pu devenir le laboratoire d’une transition écologique agroécologique réussie, qui aurait pu influencer les politiques européennes au niveau agricole », regrette Vincent Liegey, spécialiste de la…
Auteur: Scandola Graziani

