Vingt ans après les révoltes sociales, l’appel des quartiers populaires

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna et Bouna Traoré meurent à Clichy-sous-Bois, poursuivis par la police. Leur mort provoque trois semaines de révoltes sociales dans tout le pays. Des centaines de quartiers se soulèvent, des milliers de jeunes sont interpellés. La réponse politique, elle, se résume à l’état d’urgence. Mais dans ce sillon de colère et d’injustice naît aussi une énergie collective.

À Clichy-sous-Bois, Mohamed Mechmache, éducateur de rue, crée avec d’autres habitants ACLefeu, une association qui entreprend un tour de France des quartiers populaires. Partout, des habitantes et habitants remplissent des cahiers de doléances, racontent leur vie, dénoncent les discriminations et formulent des propositions pour construire une société plus juste. « Les habitants des quartiers ne sont pas le problème, ils sont une ressource et une partie de la solution », répète alors Mohamed Mechmache.

Qui parlerait d’émeutes pour qualifier les actions des agriculteurs, des gilets jaunes ou des ouvriers en lutte ?

Quelques années plus tard, en 2012, le ministre de la Ville, François Lamy, confie à Mohamed Mechmache et à la sociologue Marie-Hélène Bacqué une mission pour renforcer la participation citoyenne. Ensemble, ils sillonnent à nouveau la France, rencontrent 400 personnes, collectent des centaines de témoignages et rédigent un rapport au titre évocateur : « Ça ne se fera plus sans nous. Pour une réforme radicale de la politique de la ville. » Ce rapport, adopté après une conférence citoyenne réunissant une centaine d’associations, affirme une idée simple et forte : la démocratie ne peut se construire sans celles et ceux qui en sont aujourd’hui les plus exclus.


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Auteur: Collectif

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