Depuis le début de l’intervention israélo-états-unienne en Iran, la résilience du régime interroge. Alors que le caractère répressif du régime annihile les mouvements d’opposition, ce dernier a mis en place une organisation logistique favorisant la robustesse à tout prix plutôt que l’efficience à court terme. L’hyperperformance des systèmes logistiques est-elle devenue, a contrario, une source de faiblesse de premier plan ?
La quête de rentabilité absolue a créé un monstre fragile. Nos chaînes logistiques mondiales sont à la fois hyperoptimisées et vulnérables. Résultat : le moindre grain de sable paralyse désormais l’économie globale.
Cette fragilité systémique se confirme avec un exemple inattendu. Le régime iranien résiste de façon spectaculaire dans l’actuel conflit au Moyen-Orient, illustrant l’efficacité redoutable d’une stratégie fondée sur la robustesse plutôt que sur la performance.
Performance logistique
Durant quarante ans le commerce mondial a vénéré l’efficience maximale. Les entreprises ont vidé leurs entrepôts pour fonctionner en flux tendus permanents. Cette obsession a concentré les échanges autour de quelques passages maritimes étroits. Le détroit d’Ormuz, le Bab-el-Mandeb (détroit de la mer Rouge, ndlr), Taïwan, Malacca (dans le sud-ouest de la Malaisie, ndlr) ou le canal de Suez (en Égypte, ndlr) incarnent cette perfection dangereuse. Un cinquième du pétrole mondial transite chaque jour par Ormuz.
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L’effondrement récent du trafic maritime au détroit d’Ormuz prouve que cette performance logistique est devenue…
Auteur: Benyamin Shajari, Professeur de management de la chaîne d’approvisionnement, Excelia

