Alors que le secteur des vins et des alcools est confronté à des barrières sur ces marchés historiques, il pourrait se retourner vers le Brésil. Le pays coche toutes les cases d’un marché d’exportation, mais il mérite mieux que d’être considéré comme une roue de secours. La filière aurait tout intérêt à s’y intéresser durablement.
Le Brésil a longtemps été négligé par le secteur français des vins et des spiritueux. Depuis peu, les entreprises de la filière lui trouvent de nombreux attraits et le voient comme un marché particulièrement porteur. Comment expliquer ce revirement ? Une large partie de la réponse n’est pas liée aux caractéristiques du Brésil, même si le pays présente un potentiel marchand de grande ampleur pour le secteur des vins et spiritueux. La France est-elle prête à jouer sa carte ?
Si l’on découvre un peu subitement le Brésil dans le secteur français des alcools, c’est d’abord parce qu’il est urgent de trouver de nouveaux débouchés. Le secteur du vin et des spiritueux (essentiellement le cognac en France) a deux caractéristiques essentielles.
Une offre limitée
La première tient à une offre limitée. On ne peut pas produire au-delà d’un certain seuil. Dans les années fastes, globalement entre le milieu des années 2000 et le Covid, le vin français et le cognac étaient très demandés à l’international. Trois marchés absorbaient alors une large part de la production française : les États-Unis, la Chine et la Russie. La production était alors insuffisante pour alimenter d’autres marchés. Disons-le aussi, la motivation pour diversifier ses ventes n’était guère élevée du fait de débouchés importants vers ce trio de marchés lucratifs.
Ce manque de diversification se paie aujourd’hui. Car la seconde grande caractéristique du secteur des vins et spiritueux vient de ce qu’il est historiquement en première ligne des guerres commerciales. En tant que…
Auteur: Jean-Marie Cardebat, Professeur d’économie à l’Université de Bordeaux et Professeur affilié à l’INSEEC Grande Ecole, Université de Bordeaux

