« On se fait traiter comme des terroristes ! » Dimanche 8 décembre, quelques jours après la manifestation de son syndicat agricole, la Confédération paysanne, la colère du maraîcher et céréalier bio Daniel Evain ne retombe pas. Trois jours plus tôt, le 5 décembre, cinq militants ont été violemment interpellés, et deux d’entre eux ont été déférés au tribunal de Paris après le blocage du Grand Palais (8ᵉ arrondissement de Paris) à l’occasion de la 64ᵉ Bourse du Commerce pour dénoncer « l’exploitation des paysans par le commerce international ».
Dans leur ligne de mire notamment, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, en Amérique latine — le traité a été validé le lendemain par les deux parties, au grand dam des agriculteurs qui protestent contre ces négociations depuis mi-novembre. Les syndicalistes ont déployé une banderole et éparpillé de la paille devant l’entrée du bâtiment, et un groupe a parcouru l’intérieur du salon en chahutant quelques stands.
« Violence inouïe »
Cette mobilisation « bon enfant » a vite tourné au vinaigre après l’arrivée des policiers et des gendarmes, relate Daniel Evain. Tout a dérapé alors que les manifestants étaient sur le départ. Ils se sont alors fait encercler par les forces de police. Des coups ont été donnés et des personnes jetées à terre. Daniel Evain, coincé à ce moment-là dans la foule, s’est fait pousser et écraser le visage par un policier.
Au même moment, lors de son interpellation par la Brigade de répression de l’action violente motorisée (Brav-M), une femme de 60 ans a été plaquée au sol si fort qu’elle s’est évanouie, témoignent les syndicalistes. Un moment de « violence inouïe, témoigne Laurence Marandola, porte-parole de la Confédération paysanne. Cela faisait très longtemps qu’on n’avait pas subi…
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