Alors que près de 1,47 million de personnes ont dû fuir leur foyer, dont 790.000 femmes et filles, les organisations dirigées par des femmes constituent souvent le dernier rempart pour les survivantes. Mais leur action est aujourd’hui fragilisée par les coupes dans l’aide internationale.
À Ouanaminthe, dans le nord-est du pays, Roselène Pierre en fait l’expérience chaque jour. Présidente du Rassemblement des femmes engagées de Ouanaminthe (RFEO), soutenu par ONU Femmes, elle est disponible jour et nuit pour venir en aide aux femmes et aux enfants victimes des violences.
« Les femmes sont battues, il y a des violences sexuelles contre les femmes, et les femmes meurent », résume-t-elle dans des propos recueillis par ONU Femmes.
Fondée il y a près de vingt ans, son organisation accueille aujourd’hui un nombre croissant de survivantes, déplacées par les affrontements ou renvoyées de République dominicaine.
« C’est une prise en charge complète », explique Mme Pierre. « Nous les accueillons, nous les enregistrons, nous leur offrons un hébergement temporaire, des kits d’hygiène, des vêtements, des sous-vêtements, un moyen de transport… Puis nous leur apportons un soutien psychologique. »
Le choix impossible de la survie
Au-delà de l’urgence, les femmes déplacées doivent aussi faire face à une précarité extrême.
Emmanuela a fui Mirebalais avec son grand-père et des centaines de voisins. Après avoir passé plusieurs semaines cachée dans la forêt, elle a trouvé refuge dans un site de déplacés à Fort-Liberté.
Elle décrit à ONU Femmes les choix déchirants auxquels certaines femmes sont confrontées : « Certaines ont des enfants, et quand les enfants pleurent, elles sont obligées de vendre leur corps pour s’occuper d’eux. »
Selon les dernières données de l’agence onusienne, plus de 80 % des femmes vivant dans les sites de déplacement en Haïti sont sans emploi. Les gangs exploitent cette pauvreté et utilisent menaces et…
Auteur: Nations Unies FR
