Depuis la mort dramatique de Quentin Deranque, militant d’extrême droite, la gauche est la cible de toutes les attaques. Elle est sommée de se justifier, d’endosser la responsabilité d’une violence politique à l’opposé de son combat historique pour la République, de se positionner selon les termes imposés par l’extrême droite. Je n’y trouve rien d’étonnant.
Cette séquence s’inscrit dans un continuum engagé depuis quelques années par la concentration des médias au service d’une idéologie mortifère. La gauche est confrontée au « bollorisme », un journalisme de guerre culturelle qui ne recule devant aucune instrumentalisation pour glaner un gain politique au bénéfice de son camp philosophique. C’est ainsi que le récit du collectif identitaire Némésis fut imposé dès les premières heures suivant le drame, sans même attendre que l’enquête judiciaire ne commence.
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Dans ce débat, devenu procès politique de la gauche, la nuance n’a pas de place. La soumission aux injonctions de la droite réactionnaire est devenue le préalable à toute prise de parole. Toute analyse qui inscrirait le temps long dans la réflexion est disqualifiée avec, pour seule issue, la banalisation encore un peu plus de l’extrême droite. La responsabilité de décennies de violences politiques, qui doivent nécessairement être combattues et condamnées, a été attribuée à la seule « extrême gauche ». Sans retenue, sans sagesse, sans considérations historiques, en faisant fi de l’État de droit. Comme souvent, les populistes ont mobilisé les affects de la colère pour verrouiller les termes du débat et disqualifier toute pensée contradictoire. Désormais, le stigmate…
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