Les risques se multiplient, mais les moyens de protéger les enfants ne suivent pas. Vingt ans après la publication d’une étude mondiale des Nations Unies qui devait marquer un tournant dans la lutte contre les violences faites aux plus jeunes, le constat reste préoccupant. Malgré les réformes engagées dans de nombreux pays, les dispositifs de protection demeurent insuffisants face à l’ampleur des besoins.
« Le problème, c’est que nos solutions sont toujours en retard sur les risques », a résumé lundi Najat Maalla M’jid, représentante spéciale de l’ONU chargée de la question de la violence contre les enfants, lors d’un point de presse à New York.
Venue présenter à l’Assemblée générale son dernier rapport, la responsable onusienne a dressé le tableau d’un monde où les crises se superposent, aggravant la vulnérabilité des enfants. Près de 45 millions d’entre eux ont été contraints de quitter leur foyer sous l’effet des conflits, des catastrophes naturelles ou du dérèglement climatique. Un enfant sur cinq vit dans l’extrême pauvreté, y compris dans les pays riches, malgré les dispositifs d’aide sociale.
À ces difficultés s’ajoutent l’insécurité alimentaire, la hausse des prix et, dans certains États, le recul des droits humains. Autant de facteurs qui fragilisent les familles et compliquent la prévention des violences, alors même que les services sociaux peinent à répondre aux besoins.
De nouveaux risques, des protections insuffisantes
L’essor des technologies numériques constitue un autre sujet d’inquiétude. Si l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles possibilités, sa diffusion rapide facilite également certaines formes d’exploitation sexuelle des mineurs, le cyberharcèlement, la production de contenus falsifiés et le recrutement d’enfants par des réseaux criminels.
Pour Najat Maalla M’jid, le problème ne tient donc pas seulement à l’apparition de nouvelles menaces,…
Auteur: Nations Unies FR
