Au moins 3 000 commerces touchés, la mairie de Limoges et l’office de tourisme de Lyon incendiés, une intrusion dans la mairie de Marseille et l’attaque de la résidence du préfet à Bordeaux… La journée de manifestation du 17 octobre contre la vie chère s’est soldée par des scènes de chaos et de violences. Et le gouvernement est pressé de toutes parts d’y apporter une réponse. Une réponse politique plutôt que législative, car, de l’avis partagé par de nombreux juristes, « la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement est, déjà, extrêmement remplie », comme le souligne Nicolas Hervieu, professeur affilié à l’école de droit de Sciences Po.
Que permet l’état d’urgence ?
Décréter l’état d’urgence, c’était une demande formulée dimanche par Bruno Retailleau, président de LR et candidat à l’élection présidentielle. Ce régime d’exception prévu par une loi de 1955, déclenché lors de la guerre d’Algérie, est décrété en Conseil des ministres pour une durée de 12 jours maximum ; seul le Parlement est compétent pour le prolonger. Il peut être déclaré sur tout ou partie du territoire « soit en cas de péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, soit en cas d’événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ».
Après plusieurs jours d’émeutes, le 8 novembre 2005, le président Jacques Chirac avait décrété…
Auteur: Simon Barbarit
