Les 5 et 6 décembre derniers avaient lieu les 30 ans des Trans Off, un rassemblement régulier des collectifs de l’ouest de la France. La fête a réuni entre 3 000 et 5 000 personnes selon les estimations, dans des hangars désaffectés de la zone industrielle de Carhaix.
Rapidement le dimanche, le périmètre est encerclé par plus de 200 gendarmes. Aucun dialogue n’est alors possible. D’un côté, les forces de l’ordre cherchent verbaliser un maximum de participant·es et saisir un maximum de matériel. De l’autre, les organisateur·ices et le public veulent surtout rentrer chez eux sans payer d’amende ni subir une saisie qui, de notre point de vue, est illégitime.
Victor et son ami ont tous les deux porté plainte suite aux faits de décembre 2025 pour « tentative de meurtre » et « violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique ». Interpellé puis relâché sans poursuites, Victor s’est aussi constitué partie civile. Son avocat, Maître Pierre Brunisso demande que l’enquête soit confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, IGGN.
À 22 heures, des consignes circulent : les véhicules vont devoir sortir par une petite rue à l’arrière. La gendarmerie bloque le convoi. Tout va très vite. Étant habitué des manifs en tous genres, j’ai rarement vu une telle concentration de gaz et d’explosions dans un espace aussi restreint. On entendait surtout des cris. Le camion devant nous a pris des coups de LBD dans le pare-brise. Nous, on avait des palets de lacrymo sur le toit du véhicule. On ne pouvait pas partir. Ça bastonnait partout.
Avec moi, il y a Manu. On ne sait pas trop comment réagir. On nous a fait signe d’avancer, on a avancé, le mur de gendarmes s’est refermé sur nous. Les vitres ont explosé. Ils nous ont matraqués jusqu’à ce qu’un gendarme tire deux…
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