L’année 2024 a été marquée par un #MeToo des armées. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes au sein de l’institution qui compte 34 000 femmes dans ses rangs. Quel est le bilan des actions engagées ?
En février 2024, le journal Le Courrier de l’Ouest a révélé qu’une ancienne militaire de la Marine nationale avait été victime de violences sexuelles de la part d’un autre militaire alors qu’ils servaient à bord du même navire. Dans les mois suivants ce premier témoignage, d’autres femmes militaires ont rapporté à la presse de nombreux faits similaires. Qualifiant cette libération de la parole de véritable « #MeToo des armées », la députée et capitaine de l’armée de Terre, Laetitia Saint-Paul, a réclamé l’ouverture d’une enquête au sein du Ministère.
Début avril 2024, une mission d’inspection « exceptionnelle » sur les violences sexuelles et sexistes au sein des armées a d’ailleurs été confiée à trois inspecteurs généraux par le ministre des armées. S’appuyant sur les recommandations adressées par ces derniers, le ministre Sébastien Lecornu indiquait que le dispositif de prévention, de détection et de lutte contre les violences sexuelles et sexistes ou « VSS » devait évoluer. En ce sens, une récente instruction ministérielle a fixé les mesures que les armées devaient prendre jusqu’en décembre 2024. Ce nouveau cadre normatif a-t-il entraîné des changements drastiques au sein de l’institution militaire en matière de lutte contre les VSS ?
La remise en cause du dispositif « Thémis » mis en place en 2014 ?
Entendue le 9 juillet 2024 dans le cadre d’une audition organisée au Sénat, l’inspectrice générale Sophie Pérez a rappelé que la lutte contre les VSS au sein des armées n’était « pas nulle ». Celle-ci a en effet débuté en 2014, à la suite de la parution de l’ouvrage La Guerre…
Auteur: Eileen Baron, Doctorante en droit public, Université de Bordeaux

