Violences sexuelles : « Le viol de guerre n’a ni culture, ni continent, ni religion. »

Longtemps reléguées au second plan des récits de guerre, les violences sexuelles s’imposent aujourd’hui comme l’une des armes les plus redoutables des conflits contemporains. « Il y a les kalachnikovs, les drones, les mortiers… et il y a le viol », résume Céline Bardet, fondatrice de l’ONG We Are Not Weapons of War. Deux conflits ont servi de fil rouge au colloque : le Soudan et l’Ukraine. Deux contextes distincts, mais une même logique : le recours systématique aux violences sexuelles comme instrument de domination. Ces crimes ne relèvent ni du chaos, ni d’excès individuels. Ils répondent à des stratégies délibérées visant à terroriser, déshumaniser et désorganiser les sociétés. Femmes, hommes, enfants, des fillettes aux personnes âgées sont ciblés. Les survivantes et survivants portent des traumatismes durables, physiques, psychiques et sociaux, renforcés par la stigmatisation et l’impunité persistante des auteurs. Pour Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes, le constat est sans appel : ces violences cherchent à « détruire les communautés elles-mêmes, par la honte, l’humiliation et la rupture du lien social ». Les corps deviennent alors des champs de bataille, et la peur, une arme qui continue d’agir bien après la fin des combats. Céline Bardet insiste sur l’universalité de ces crimes : « Le viol de guerre n’a ni culture, ni continent, ni religion. » Et appelle à un…

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Auteur: Emma Bador-Fritche

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