Un rapport accablant publié par la contrôleuse des prisons, juillet 2026.
« Ici on va te briser ! »
Nous dénonçons les QLCO depuis l’annonce de leur création : « quartiers de lutte contre la criminalité organisée » ou « narco-prisons » selon leurs promoteurs, ces « QHS modernes » sont avant tout des lieux de torture. Depuis qu’ils ont ouvert, nous essayons de porter les voix de prisonniers et de leurs proches, malgré la chape de plomb qui les couvre, au sujet des conditions qui leur sont imposées dans ces QLCO et de la nécessité de se mobiliser.
La CGLPL (contrôleuse générale des lieux de privation de liberté) vient de publier le rapport du 9 juin 2026 concernant sa visite à la prison d’Alençon Condé-sur-Sarthe, au QLCO et dans les autres quartiers. Ce rapport est accablant : c’est la première fois qu’elle émet des observations et recommandations aussi radicales, parce que la situation est extrême. Elle y parle explicitement de « violences systémiques » de la part de gardiens, permises par l’institution. Elle détaille des actes et un fonctionnement glaçants et réclame des mesures d’urgence, qui remettent en cause l’existence même de ces régimes de détention.
Voici quelques extraits :
« Il ressort des constats effectués et des témoignages reçus – tant de personnes détenues que de professionnels et intervenants – que des violences systémiques sont commises sur des détenus par des membres du personnel pénitentiaire de détention »
« Lors des fouilles à nu, particulièrement nombreuses, un mécanisme récurrent d’escalade s’exerce : le moindre retard ou la moindre incompréhension pour répondre aux injonctions multiples ou difficilement exécutables sont qualifiés de refus d’obtempérer. Il conduit alors à des interventions physiques, dites « pliage ». (…) Des modalités de réalisation de ces fouilles sont humiliantes ou brutales : maintien en équilibre sur…
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