Au cœur de l’été, le ministère de l’Intérieur a diffusé en interne un « schéma national des violences urbaines » (SNVU). Le document entend tirer les leçons des révoltes de l’été 2023 après la mort de Nahel et donner aux forces de l’ordre un socle commun pour prévenir, réagir et judiciariser les épisodes de « violences urbaines ». Au printemps 2024, le Sénat a déjà rendu un rapport « Émeutes de juin 2023 : comprendre, évaluer, réagir », dont l’une des préconisations était précisément de doter les forces d’un cadre national pour l’action « en contexte émeutier ».
L’intersyndicale des métiers du journalisme dénonce une diffusion « en catimini » alors qu’un référé a été déposé devant le Conseil d’État. Dans leur communiqué, les syndicats affirment qu’ils ne lèveront pas leurs requêtes tant qu’un texte officiel ne réaffirmera pas le droit des journalistes à travailler « lors de tout événement, éventuelles violences urbaines comprises ». Ils rappellent aussi que la qualification d’un événement en « violences urbaines » reste sujette à interprétation, d’où la nécessité de garanties explicites.
De son côté, la commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP) alerte sur « une menace sur la liberté d’exercice et la sécurité des journalistes ». L’organisation a écrit au ministre de l’Intérieur pour demander la suppression de la phrase litigieuse et rappelle les principes du schéma national du maintien de l’ordre (SNMO).
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Auteur: Maxime Sirvins

