Viols, meurtres, tortures, incendies criminels, actes de terrorisme et même génocides : les personnes travaillant dans les secteurs de la police et de la justice sont régulièrement confrontées à la cruauté et la capacité de destruction de l’humanité.
Les experts qui œuvrent à traduire les criminels en justice en examinant les éléments de preuves des crimes commis sont régulièrement exposés à l’expérience traumatisante que constitue la consultation de témoignages écrits, de séquences vidéo ou d’enregistrements audio. Et il apparaît de plus en plus clairement que les systèmes en place ne parviennent pas à protéger leur santé mentale face au déferlement d’atrocités auxquelles ils doivent faire face.
En Europe, les chiffres sont alarmants. En 2022, les problèmes de santé mentale ont conduit les policiers anglais à prendre 730 000 jours de congé maladie, contre 320 000 en 2012/2013. En Espagne, 28 membres des forces de l’ordre se sont suicidés en 2022 – c’est 21,4 % de moins qu’en 2021, mais il s’agit tout de même du deuxième nombre le plus élevé depuis que cette statistique est relevée. Les chiffres sont encore plus dramatiques en France – 78 suicides en 2022 si l’on inclut les surveillants pénitentiaires – et en Grèce qui, quoique nettement moins peuplée, a enregistré 159 suicides parmi ses forces de police en 2019.
La situation est aggravée par le fait que parler de ses problèmes de santé mentale demeure largement stigmatisé, les agents craignant d’être considérés comme des « faibles » ou d’être privés d’une promotion.
Pour mieux comprendre comment l’exposition à des scènes traumatisantes affecte les forces de police, notre équipe de psychologues de l’université de Birmingham a mené 40 entretiens avec des experts travaillant sur des enquêtes criminelles au Royaume-Uni, en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas et au Canada.
Qu’ils soient criminologues,…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Fazeelat Duran, Postdoctoral researcher in occupational psychology, AXA Fonds pour la Recherche

