« Cherche jeune fille svelte et bonne cuisinière pour naviguer. » Tous les ans, les sites de bourses aux équipiers laissent en ligne des annonces de ce type. Elles ciblent de jeunes voyageuses qui tentent l’aventure de la transatlantique sur des voiliers inconnus pour voyager sans prendre l’avion et vivre une expérience humaine sur les flots. « Prudence ! Cette annonce-là, c’est carton rouge. Sur un bateau, on vit dans un espace clos, c’est “open bar” pour les mecs, on ne peut pas rêver mieux pour un prédateur sexuel », commente Raphaëlle Ugé.
Après avoir été elle-même agressée, la skippeuse et monitrice de voile de 34 ans a lancé en 2019 la page Facebook Balance ta voile, qui recense les violences sexistes et sexuelles en mer. « Je passais toutes mes nuits au téléphone avec des victimes, j’ai fait un burn out militant tellement c’était énorme. » Elle contacte alors ses copines du milieu, qui lui livrent également le récit de leurs agressions. « On n’en avait jamais parlé avant entre nous, comme si c’était banal, que ça faisait partie du taf. C’est terrible de se rendre compte de ça ! »
Droguées, séquestrées, forcées de partir à la nage
D’après une enquête publiée en 2019 par la Fédération mondiale de voile, environ 20 % des répondantes affirment avoir été victimes de harcèlement sexuel. L’impunité est telle que les capitaines n’hésitent pas à aller plus loin. Raphaëlle Ugé dit avoir entendu tous les jours des récits de mains aux fesses, de seins agrippés, de baisers forcés, de viols… Des femmes racontent avoir été droguées à leur insu, voire séquestrées, ou forcées de quitter le bateau à la nage.
Au début, toujours la même recette : prenez donc un capitaine solitaire, qui plaide la « coolitude » et adore transmettre sa passion aux novices. Allez savoir pourquoi, dès que ce sont des femmes, elles sont engagées illico. Avec quatre amies, Manon a…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Clément Villaume

