Au premier tour des municipales 2026, onze candidats au cœur d’affaires de violences sexistes et sexuelles (VSS) ont été réélus ou portés en tête des suffrages. Choquant, et pourtant, rien de surprenant.
D’abord, les auteurs de VSS se trouvent dans tous les pans de la société et dans tous les milieux sociaux. Ce sont nos pères, nos frères et donc… nos maires. Ensuite, le viol est intrinsèquement une affaire de pouvoir et de domination.
Cette série de victoires électorales rappelle l’ancrage au cœur même de nos institutions de ce qu’on appelle la “culture du viol”, un terme qui désigne à la fois la prévalence des violences sexuelles mais aussi l’impunité, le déni voire la tolérance à leur égard ou encore la tendance collective à minimiser la culpabilité des agresseurs.
C’est, entre mille autres choses, un drame démocratique et écologique. Car, comme le souligne le Groupe 3 du GIEC, l’efficacité des mesures de transition dépend directement de la confiance des citoyens et citoyennes envers leurs institutions et de l’exemplarité de leurs représentants. Comment espérer qu’un élu qui a bafoué l’intégrité physique d’autrui puisse conserver l’immense légitimité nécessaire aux transitions rendues indispensables par les crises écologiques ?
Voici donc une liste de candidats suspectés et/ou condamnés dans le cadre d’affaires de violences sexistes et sexuelles et qui ont obtenu un succès au premier tour des municipales ce dimanche 14 mars :
- 1/ Edgard Moulin, réélu (Saint-Ellier-les-Bois, Orne)
- 2/ François Bayrou, en tête (Pau, Pyrénées-Atlantiques)
- 3/ André Santini, en tête (Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine)
- 4/ Paul Burro, réélu (Belvédère, Alpes-Maritimes)
- 5/ Damien Abad, en tête (Oyonnax, Ain)
- 6/ Jean-Michel Baylet, réélu (Valence d’Agen,Tarn-et-Garonne)
- 7/ Grégory Marty, réélu (Port-Vendres, Pyrénées-Orientales)
- 8/ Philippe…
Auteur: Thibaut Schepman

