Aujourd’hui perçue comme une icône féministe, Virginia Woolf a longtemps été considérée comme apolitique. Dans Virginia Woolf, journaliste. L’histoire méconnue d’une émancipation par le journalisme, Maria Santos-Sainz, éclaire cette question. Extraits.
On peut regretter que l’activité journalistique de Virginia Woolf ait été reléguée au second plan, notamment ses articles explicitement plus politiques écrits à partir de 1936. Tout cela témoigne d’un bouleversement provoqué, d’abord, par la guerre d’Espagne, où elle exprime son soutien aux républicains, puis par l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, quand elle s’attaque au nazisme. Cette période est propice à des écrits journalistiques plus politisés et elle choisit des médias engagés.
L’écrivaine a publié « Pourquoi l’art suit la politique aujourd’hui » dans le journal communiste américain Daily Worker en 1936, « Considérations sur la paix en temps de guerre » dans le magazine progressiste new-yorkais The New Republic, en 1940, et la même année, « La tour penchée » dans la revue de gauche britannique Folios of New Writing. Pour comprendre ce tournant engagé opéré dans ses écrits journalistiques, il faut la resituer dans un environnement hautement politisé. D’abord, en raison du contexte de l’époque et du cercle d’intellectuels qu’elle fréquente.
éditions Apogée, 2025.
La romancière raconte dans l’article « Considérations sur la paix en temps de guerre » sa propre expérience de la seconde guerre mondiale sous la menace des bombes. Avec une analyse originale, l’écrivaine établit également un lien entre militarisation et guerre, ces deux phénomènes étant les conséquences du patriarcat et de la masculinité….
Auteur: María Santos-Sainz, Professeure des Universités, Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine, Université Bordeaux Montaigne

