Point final ? Sûrement pas… Les points de suspension semblent plus appropriés à l’heure où s’achève ce moment – précisément – suspendu. Resteront quelques images indélébiles : la bouleversante bénédiction d’une enfant handicapée en marge de la messe de la Concorde, l’émotion à peine contenue du pape devant la Vierge de Notre-Dame, son regard fixé sur la foule qui s’étend à perte de vue sur l’axe historique de la capitale. Champs, contrechamp. Comme cela a été écrit dans La Croix, Léon XIV est venu rencontrer la France « comme une personne ». Chacun, de là où il est, va conserver au cœur un souvenir intime de ce voyage.
À l’instantané des émotions succède dès aujourd’hui un travail de maturation… Les fidèles et leur clergé portent collectivement la responsabilité de laisser s’épanouir les fruits de ces quatre journées intenses. C’est d’abord à eux que se sont adressés les messages vigoureux du pape. Et le premier bourgeon qui a surgi, dont ils doivent impérativement prendre soin, c’est celui de l’unité. La joie communicative qu’ils ont montrée au pays vient notamment du sentiment de s’être redécouverts tels qu’ils sont : des catholiques «sans adjectif», sans attributs ni épithètes, rassemblés par-delà leurs sensibilités, qui ne demandent pas à leur voisin pour qui il vote avant d’échanger la paix du Christ et d’aller communier.
« Unis dans la diversité », conformément à la devise de l’Europe célébrée hier à Metz au dernier jour du voyage. Une unité qui resterait lettre morte si chacun, dimanche prochain, retournait à l’esprit de chapelles. Après ce que nous venons de vivre, on veut croire, on doit espérer qu’il n’en sera rien. Et que, par contagion, des Français en mal d’unité y trouveront, pour la période cruciale qui s’ouvre, une source d’inspiration.
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