« Un film tendre, à la drôlerie teintée de chagrin, qui nous invite à une tranquillité dont la malice n’est jamais totalement exclue. Un premier long-métrage, accueillant, généreux, doux-amer, que cette accumulation d’adjectifs absolument insupportable s’évertue à déterminer. »
Poulets, keufs, condés, schmitts, flics, chtars, kisdés, rnouch, cops et poulagas. Les écrans, en continu, nous dégueulent des corps surmontés de képis et corsetés de gilets pare-balles. Gyrophares, dérapages, « Haut les mains ! », « À plat ventre ! », des guirlandes de menottes viennent fêter leur victoire. À la fin, happy end : les gentils se réjouissent d’avoir arrêté les méchants, ou d’avoir pu les arrêter d’une simple balle dans la tête.
« Tout ce que vous direz sera retenu contre vous. »
Depuis notre enfance, l’héroïsme et le courage en uniforme nous renseignent sur l’abnégation et la bravoure d’un corps de métier tout entier voué à nous servir. De la protection au sauvetage, partout suintent le dévouement, le sacrifice, l’altruisme et l’exemplarité d’un ordre que le paternalisme d’État nous accorde avec bienveillance.
COPAGANDA.
La glorification, avouée dans la flopée de séries d’enquêtes criminelles et autres reportages à sensation.
La sélection des faits pour un récit sécuritaire.
La légitimation surfaite de cette autorité.
Le cadrage médiatique,
Le contrôle narratif,
La culture policière.
Le service public s’exhibe à nous seulement s’il a une arme.
Car c’est par elle, et par ce qu’elle permet, que se définit la justice.
Contre-plongée, travelling avant, ralentis, plans embarqués. Même la lentille de la bodycam rejoue le discours de l’institution. Les conseillers techniques, le prêt de matériel, de véhicules ou un simple accès à certains lieux, ne permettent pas non plus de ressortir d’une telle collaboration sans qu’elle n’influence la…
Auteur: dev
