Près de deux tiers des électeurs n’ont pas voté au premier tour des élections régionales et départementales. En 2015, lors des élections précédentes départementales, il ne s’agissait « que » de la moitié. Ce qui n’avait pas empêché les éditocrates d’enrager contre celles et ceux qui gâchaient leurs soirées électorales. Leurs appels vibrants au vote n’y auront rien fait : Législatives, second tour des présidentielles, régionales ou départementales, d’élections en élections la participation diminue. Et bien que le phénomène soit massif voire majoritaire, les abstentionnistes sont régulièrement insultés sur les réseaux sociaux, condamnés par une grande partie des chroniqueurs radios et des éditorialistes de la presse écrite, quand ils ne sont pas décrits comme une masse perdue qu’il faut ramener vers la lumière de la démocratie. Mais qui tient le plus à la démocratie ? Ceux qui se méfient des partis politiques, de leurs alliances, leurs guerres de postes, leurs fausses promesses et beaux discours ? Ou ceux qui soutiennent encore et toujours qu’on a bien de la chance de pouvoir voter pour nos chefs ? Dans la période sombre que nous vivons, où les possédants gagnent chaque jour du terrain, où les classes laborieuses perdent chaque mois des revenus et des droits, l’abstention n’est-elle finalement pas, avec les multiples mouvements sociaux, un signe d’espoir, le signe que le peuple n’est pas dupe du jeu malsain qui se joue contre lui ?
Plus la classe politique se referme, moins nous votons
Vous voulez comprendre les abstentionnistes ? Regardez la classe politique ! En 1945, les ouvriers et les employés constituaient 19 % du Parlement. C’était encore peu par rapport à leur proportion dans la société, mais c’était énorme par rapport à la situation actuelle : il n’y a plus d’ouvrier à l’Assemblée nationale, et les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des élus, soit 4,4 fois plus que leur part dans la population active.
Et c’est pareil à tous les échelons : les maires de grandes villes, les conseillers régionaux et départementaux, la grande majorité font partie de la bourgeoisie. A priori, rien de mal à cela : un représentant du peuple doit, en république, être capable de faire abstraction de ses intérêts et perceptions pour se projeter dans ceux de la majorité, et penser en termes « d’intérêt général ». Mais comment le pourrait-il ? Actuellement, un élu des grands partis n’a de contact avec…
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Auteur: Rédaction Frustration Mag

