Certains sociologues affirment que nous serions passés de « la société du risque » à la société assurantielle. Dans cet article Julien Cueille propose d’explorer l’écart que nous vivons entre la réalité et la gravité des risques/crises et leur euphémisation dans le débat public. Ne serions-nous pas en train de nous adapter lentement mais sûrment à « un mode dégradé » où le déni et les dissonances cognitives feraient œuvre d’ultime ciment du « vivre ensemble » ?
En arrivant aux urgences, la responsable de l’accueil prévient : « on ne prend pas les Cartes Vitale, ça ne marche pas ». D’ailleurs, après quelques heures d’attente et dix minutes de consultation, on me renvoie chez moi avec mon tendon sectionné : « il faudra voir ça la semaine prochaine en consultation externe ».
Qui n’a entendu ou vécu une situation semblable ? Et surtout, qui s’en émeut durablement, puisqu’on devine qu’il y aura, qu’il y a déjà bien pire, puisque la banalité fait autorité. Sur le site « ViePublique.fr », on peut lire le rapport de la Commission d’enquête « Sortir des urgences » (ah, les jeux de mots style Canard Enchaîné des commissions parlementaires…) : « À l’issue de près de quatre mois de travaux, la commission d’enquête appelle à redonner du souffle à l’hôpital (…) en lui attribuant des moyens proportionnés aux défis de santé actuels (…) Le rapport présente 80 recommandations ». Il faut toujours prêter attention aux métaphores, indispensables en temps de crise : « redonner du souffle » à l’hôpital… Le storytelling de la saison 8 (ou 9 ?), après les lois successives, l’épisode Covid, etc. « Nouvelle gouvernance ». Mais les admissions aux urgences se sont « dégradées » cet été pour 48 % des établissements hospitaliers, d’après l’enquête de la Fédération hospitalière de France ; le ministre de la santé démissionnaire,…
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Auteur: dev

