A partir de 2008 le quartier athénien d’Exarchia, à dix minutes à pied du Parlement grec, a été le territoire d’une expérimentation sociale sans équivalent dans notre époque. Délivré de la présence policière suite aux émeutes consécutives à l’assassinat du jeune Alexandros Grigoropoulos par la police, il l’est resté pendant près de douze ans. Cette situation de territoire sans police, base arrière d’innombrables manifs et émeutes contre les politiques d’austérité imposées par l’ultralibéralisme de l’Union Européenne, lieu de vie collective à travers de très nombreux squats et lieux d’accueil de migrants, a aimanté toute une population de jeunes et moins jeunes d’Europe et d’ailleurs en quête d’une vie hors du modèle dominant.
À voir lundi 17 novembre à partir de 20h :
Entre « anarcho-tourisme » plus ou moins folklorique et tensions opposant les différents courants politiques qui le structuraient, ce bout de tissu urbain très particulier a largement échappé aux caricatures pour constituer aux yeux de milliers de gens un laboratoire essentiel à la revivification d’une perspective révolutionnaire. Victor Collet, que nous connaissions déjà pour ses études critiques sur les luttes immigrées à Nanterre et contre Aibnb à Marseille, y a vécu certains des moments les plus chauds de son histoire tumultueuse. A travers de nombreux témoignages constamment reliés à une analyse socio-historique, il raconte comment cette utopie urbaine a pu exister, et comment elle a fini par être étouffée. Son récit nous interroge sur les échelles de nos combats, sur les dangers et les illusions d’une territorialisation pourtant indispensable, sur le rapport entre espaces (jamais totalement) libérés et luttes dans toute la société. On en cause.
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00:43 Après « Nanterre, du bidonville » à la cité et « Du taudis au Airbnb….
Auteur: dev

