Que mille ZAD éclosent comme autant de coquelicots bornant un champ de blé gavé de pesticide !
En novembre 2016, alors que la situation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes était très tendue et incertaine – le référendum avait donné la majorité au oui à l’aéroport –, une soixantaine d’universitaires, chercheur.es, intellectuel.les, écrivain.nes, artistes avaient apporté leur soutien en érigeant, dans un amphi de l’EHESS et lors qu’un week-end sur les lieux, une « barricade de mots » en forme d’abécédaire de la Zad. Si l’initiative a pu être critiquée au sein même de la ZAD donnant l’occasion à quelques-un.es de ses habitant.es d’exprimer leur méfiance à l’égard « des sociologues et des intellectuel.les » (voir le texte « Intellos, poil au dos »), elle avait quand même laissé percer un intérêt manifeste voire de l’enthousiasme pour une expérience dont pourtant, certaine.s, par leur mode de vie, étaient à des lieues de distance. En somme, même dans son ambiguïté, elle apportait la preuve que la ZAD était devenue une figure publique de la contestation, la figure d’une capacité d’insurgence contre les projets destructeurs associés au monde de la modernité capitaliste et extractiviste.
Sept ans plus tard, la charge du ministre de l’Intérieur annonçant la création d’une cellule anti-ZAD, et n’hésitant pas pour l’argumenter à reprendre le langage de l’extrême droite, confirme s’il en fallait sa puissance politique, nécessairement devenue dès lors à abattre. Son entrée dans le langage courant lui vaut une définition dans le Larousse qui ne se méprend pas sur sa portée subversive, en la déclarant au service de « l’environnement et des populations locales ». (Et même lorsque la cheffe du RN accuse Mélenchon de vouloir transformer l’Assemblée nationale en ZAD !) Ainsi, la zad, désignation commune de la contestation d’extrême gauche, devient…
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Auteur: dev

