Loudéac (Côtes-d’Armor), reportage
Des herbes hautes ont envahi les rails de la gare de Saint-Julien, commune périphérique de Saint-Brieuc. Des arbres se sont même frayé un chemin dans les traverses, non loin de l’ancien bâtiment qui abritait le comptoir et qui est maintenant une habitation privée. L’horloge est, elle, restée figée à 10 heures. « Pour remettre la voie en état, il faudrait enlever les rails, les ballasts, dépolluer le site… Je vous dis pas le boulot », s’exclame Vincent Jacques dans son caban gris, en ce pluvieux jeudi de juin. « Et puis, il n’y a jamais eu grand-monde sur cette ligne », note à ses côtés Jean-François Le Lann.
L’ingénieur en travaux publics et son acolyte qui a exercé à la SNCF habitent à deux pas de l’ancienne voie ferrée reliant Saint-Brieuc à Loudéac, continuant au sud jusqu’à Pontivy (Morbihan). Depuis l’arrêt complet du trafic en 2017, la nature a repris ses droits sur la ligne, au grand dam des deux riverains « attristés de voir ce domaine public pas du tout entretenu ».
Plus de 800 signatures pour la voie verte
Ils ont ainsi rejoint, comme désormais 150 personnes, l’association Du rail en vert, née en 2023. Son objectif ? Militer auprès des décideurs pour que le cheminement ferré qui relie le nord au sud du département soit transformé en voie verte. « On créerait un corridor écologique. Les gens s’y promèneraient, feraient du vélo, il y aurait un accès PMR et ce serait sécurisé », imagine Vincent Jacques. « Il existe sur ce tracé un service d’autocars qui fonctionne très bien », argumente Jean-François Le Lann.
Le projet qu’ils défendent a attiré quelques centaines de personnes lors de réunions publiques et recueilli plus de 800 signatures en sa faveur, en plus du soutien de certains élus du territoire.
« Le train ne faisait plus concurrence à la voiture »
Non loin de là, à Quintin, se tenait…
Auteur: Caroline Ruffaut, Manon Boquen

