Un million de voyageurs doivent embarquer le week-end des 4 et 5 juillet à bord de 2 000 trains pour partir en vacances, en guettant avec inquiétude les signes du ciel. Jean Castex, PDG de la SNCF, a lui-même prévenu, sur France Inter mercredi, qu’il ne pouvait pas garantir un trafic normal si le mercure devait tutoyer de nouveaux records, alors que Météo-France alertait sur un risque de retour de la canicule.
« En situation tout à fait exceptionnelle, on ne peut pas attendre un service complètement normal », a-t-il dit, pour dissuader les personnes « vulnérables » de prendre le train pendant les pics de canicule.
Le souvenir de la semaine caniculaire de fin juin a de quoi nourrir l’inquiétude : train immobilisé en pleine voie pendant de longues heures, incidents en cascade… Malgré la mobilisation de 35 000 agents pour surveiller les effets de la chaleur, 10 % des trains ont dû être annulés à cause de la canicule, selon un premier bilan communiqué le 25 juin par la SNCF.
L’infrastructure souffre. À cause du sous-investissement, qui a retardé le renouvellement du matériel, mais aussi parce que la chaleur pose des défis techniques complexes à résoudre pour les cheminots du monde entier.
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Des rails qui se déforment
Composés à 95 % d’acier, les rails ont tendance à surchauffer lorsqu’ils sont exposés au rayonnement du soleil. Le 21 juin vers 15 h 20, une température de 54,6 °C a été relevée près de Torcy (Seine-et-Marne), a indiqué l’expert ferroviaire Philippe Balson sur LinkedIn. Le record, en France, date de 2019 et a été mesuré près de Nîmes, avec des rails à 65 °C.
Cette chaleur extrême provoque une dilatation, qui peut entraîner ce que les cheminots appellent une « flambée » du rail : une déformation latérale de quelques centimètres. Le phénomène peut notamment provoquer des pannes d’aiguillage et entraîner un risque de déraillement, dans le scénario…
Auteur: Erwan Manac’h

