À l’entrée de nombreux villages s’affiche désormais l’œil jaune des voisin.es vigilant.es, présence légèrement malaisante censée indiquer la présence d’une communauté de voisin.es déterminé.es à surveiller et si « nécessaire » à dénoncer vigoureusement intrus.es dangereux.euses et cambrioleurs.euses. S’agit-il de dangereuses milices tenues par des voisin.es radicalisé.es ou au contraire de banales initiatives de solidarité directe entre voisin.es ? Voyage dans le péri-urbain flippé et fliqué
Article initialement paru dans le journal papier numéro 42 du Poing, sur le thème “LGBT, services publics, vote RN : les campagnes montent au front”, publié en septembre 2024 et toujours disponible sur notre boutique en ligne
Derrière l’appellation générique « Voisins Vigilants » cohabitent deux dispositifs. Le premier dispositif est étatique. Sous la supervision de la gendarmerie et de la mairie, des référents vigilants recrutent leurs voisins et surveillent leur quartier en lien avec les autorités locales. Le second dispositif est privé : la plateforme « Voisins vigilants », gérée par l’entrepreneur de la tech Thierry Chicha, met à disposition des outils sociaux pour que les communautés de voisins géolocalisées puissent surveiller et alerter en temps réel le voisinage. Dans ce cas, il n’y a pas de supervision des autorités, les communautés sont « autogérées ». La plateforme revendique des centaines de milliers d’usagers et des milliers de communes comptent un protocole de participation citoyenne. Dans les petites villes périurbaines, ces panneaux sont omniprésents et frappent l’œil.
Recréer du lien… par la surveillance
En réalité, la plupart des voisins vigilants ne sont pas des groupes para-policiers, ni de dangereuses milices. Pour la plupart des groupes, les voisins vigilants se limitent à la durveillance de leur quartier : ils vont s’alerter mutuellement lorsqu’une personne…
Auteur: Le Poing

