Un scooter qui pétarade sous votre fenêtre. Des avions qui vrombissent dans le ciel. Le roulement incessant des voitures, de jour comme de nuit. Des chantiers qui vous réveillent de bonne heure. On le ressent tous avec plus ou moins de force selon nos lieux de vie : difficile voire impossible d’échapper au bruit dans nos sociétés contemporaines. En France, ce dernier représente même la première nuisance environnementale de proximité perçue. Oui, devant la pollution de l’air.
Ce n’est pas un simple inconfort. La pollution sonore trouble le sommeil, stresse le corps, perturbe la santé. Disons-le clairement, car c’est ce que montrent les études épidémiologiques : parfois même, le bruit tue. En Europe, l’OMS estime que 20 % de la population, soit plus de 100 millions de personnes, est exposée de manière chronique à des niveaux de bruit préjudiciables à la santé humaine. Une exposition qui, lorsqu’elle perdure sur le long terme, contribue à 73 000 décès prématurés chaque année sur le Vieux Continent. Le constat n’est pas plus rassurant du côté des animaux dont les études montrent qu’ils font largement les frais des « bruits anthropiques ».
Le paradoxe ? Le bruit fait souffrir en silence. C’est sans doute le message clé de cet article : les experts que nous avons lus et interrogés dénoncent un type de pollution encore trop souvent sous-estimé, voire négligé. La lutte contre la pollution sonore est pourtant, à plus d’un titre, un enjeu de santé environnementale majeur.
Plus de 45 millions de Français exposés à des niveaux de bruit dangereux selon l’OMS
On ne dit pas assez à quel point le bruit est une bombe sanitaire. D’abord, plus de 40 millions de Français sont affectés par une pollution sonore issue du trafic routier supérieure à 55 décibels (ou dB(A), une mesure qui intègre la sensibilité réelle de l’oreille humaine). En sachant que l’OMS recommande…
Auteur: Sophie Kloetzli
