Dans un récit sobre, elle est ainsi revenue sur les derniers gestes d’un matin ordinaire devenu tragédie pour de nombreuses familles de cette localité du sud du pays.
Sur l’écran de la Salle des assemblées du Palais des Nations, le visage de Mohaddeseh Falahat apparaît face aux délégués réunis pour ce débat urgent de l’organe onusien basé à Genève. Lors de ce récit, Mme Falahat n’a pas haussé la voix. Elle raconte.
« Ce matin-là était comme tous les autres. J’avais l’habitude de leur lacer les chaussures près de la porte, de leur peigner les cheveux et de leur mettre les sacs à dos sur les épaules. Rien ne laissait présager que ce serait la dernière fois », dit-elle.
« En franchissant la porte, ils m’ont simplement dit : ‘Maman, viens nous chercher après l’école’. Cette phrase toute simple résonne désormais mille fois dans mon esprit, et à chaque fois, mon cœur brûle de douleur ».
Vies suspendues, rêves brisés
Derrière ses mots, rien que des gestes simples, répétés chaque jour – préparer ses enfants, les regarder partir à l’école. Une scène banale, immuable. C’est par là qu’elle commence, comme pour retenir encore un peu ce moment précieux qui existait avant.
« Aucune mère ne s’imagine qu’elle va envoyer son enfant à l’école avec le sourire, pour n’être accueillie que par le silence ». Et puis, sans transition, affleure cette phrase brutale : « Vos enfants ne reviendront pas ». Une annonce sèche, rapportée telle quelle. Quelques mots qui suffisent à rompre le fil du quotidien et à faire basculer une vie.
Ces jours-ci, dit-elle, le monde s’est peuplé d’absences. Chaque enfant croisé dans la rue devient, l’espace d’un instant, un espoir, puis un souvenir douloureux. Peut-être que si c’étaient les siens, Mahdieh et Amin, ils courraient ainsi, riraient ainsi, vivraient ainsi.
Depuis, rien n’a vraiment bougé chez elle. Les vêtements achetés avec tant de joie pour…
Auteur: Nations Unies FR

