« Élections, piège à cons ! » Plus d’un demi-siècle après Mai 68, le slogan résonne encore dans les débats sur la représentation politique. À l’heure où les lycéens descendent dans la rue et où la défiance envers les responsables politiques persiste, une vieille idée refait surface : abaisser de 18 à 16 ans l’âge du droit de vote.
Jean-Luc Mélenchon en a fait l’une de ses propositions pour la présidentielle de 2027. Lors d’un meeting à Clermont-Ferrand, le 11 octobre, le candidat de La France insoumise a défendu la nécessité de donner aux lycéens davantage de poids politique. « À 16 ans, on peut être émancipé et assurer son devoir de parent, on vote aux élections prud’homales, on va en prison. Alors à 16 ans on doit pouvoir donner son avis, non pas secondairement, mais comme tous les autres, comme citoyen », a-t-il déclaré.
La mesure ferait entrer environ 1,5 million d’électeurs potentiels dans le corps électoral. Le moment n’a rien d’anodin. Un sondage Ipsos/BVA réalisé auprès de 3 000 jeunes de 18 à 29 ans, publié mardi, montre que 78 % d’entre eux estiment que les responsables politiques « préparent mal leur avenir », et 82 % qu’ils sont « trop éloignés des réalités de la jeunesse ».
Une idée ancienne, jamais prioritaire
La France n’a plus abaissé l’âge du vote depuis 1974, quand Valéry Giscard d’Estaing a fait passer la majorité électorale de 21 à 18 ans. Depuis,…
Auteur: Emma Bador-Fritche
