« Je ne sais si c’est un acte de panache ou un suicide politique. » La réaction, à chaud, est de Patrick Kanner, le président du groupe socialiste au Sénat. L’élu a été « pris de court », comme l’ensemble de la classe politique, par l’annonce hier du Premier ministre François Bayrou, qui entend demander le 8 septembre un vote de confiance aux députés sur sa politique budgétaire. Vingt-quatre heures plus tard, la réponse se précise : en l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, l’hostilité affichée des groupes de gauche et du Rassemblement national semble devoir sceller l’avenir politique du Palois. « Voyant se rapprocher le spectre d’une censure, le Premier ministre a pris les devants et décide de partir selon ses conditions », résume auprès de Public Sénat le politologue Olivier Rouquan, enseignant-chercheur en Sciences politiques et chercheur associé au Centre d’Études et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques (CERSA).
La levée de boucliers déclenchée par le plan d’économie présenté avant la pause estivale – le gouvernement cherchant à dégager 43,8 milliards d’euros pour respecter sa trajectoire de désendettement – laissait présager une nouvelle censure à l’issue des discussions budgétaires de l’automne. Dans un ultime mouvement, François Bayrou a choisi de jouer son va-tout en appelant à la responsabilité des parlementaires sur un vote supposé acter l’urgence…
Auteur: Romain David

