Les tensions autour de la dette française risquent-elles d’affecter l’emprunt des ménages ? C’est ce qu’a prédit François Bayrou dans sa conférence de presse de rentrée, lundi 25 août : « La menace est là : l’explosion des taux d’intérêt, pas seulement pour l’État, mais pour chacun d’entre nous. Et ça signifie (…) qu’il devient trop cher d’acheter un appartement, (…) qu’il est impossible d’acquérir une voiture, ou d’équiper la maison. » À en croire le premier ministre, le lien entre le taux d’emprunt de l’État et celui des citoyens est établi.
« Mais le premier élément que les banques utilisent pour déterminer le prix auquel elles prêtent aux ménages reste la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui s’est assouplie et favorise les crédits », précise Xavier Timbeau, directeur de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
De fait, le taux de la dette française à dix ans a grimpé depuis plusieurs mois – il s’établissait mercredi 27 août à 3,52 %, contre 3,20 % au début de l’année 2025 –, mais sans répercussion sur les taux d’emprunt immobiliers, qui repartent tout juste à la hausse après une période de baisse.
L’instabilité politique crée de l’incertitude pour les acteurs économiques
Les conditions des crédits immobiliers dépendent néanmoins aussi de la bonne santé financière des banques françaises, qui détiennent beaucoup de dette publique française, nuance Xavier Timbeau : « Quand les taux de la dette augmentent, les banques peuvent répercuter cette prime de risque sur les ménages. » Une hausse des taux d’emprunt se profile donc, mais limitée par un contexte monétaire européen favorable.
Plus que de toucher directement les taux de crédit immobilier, ce sont les conditions d’accès qui peuvent évoluer face à l’endettement français, les banques étant plus…
Auteur: Gabrielle Richard
