« Vouloir la paix, est-ce vouloir la justice ? »

Le 6 juillet dernier, une professeur de philosophie de Seine-Saint-Denis s’est rendue au tribunal judiciaire de Bobigny pour assister aux comparutions immédiates des jeunes « émeutiers » interpellés les jours précédents. Elle raconte ici la manière dont l’institution judiciaire prend le relais de la répression policière. Un récit édifiant mais finalement peu surprenant.

« L’expression la plus haute de la citoyenneté est l’émeute »

Marat

« L’enfant qui n’est pas embrassé par le village, l’embrasera pour en sentir la chaleur » proverbe africain

Mardi 6 juillet, de nombreux camarades et soutiens arpentent les trois salles de comparutions immédiates du tribunal judiciaire de Bobigny où se déroulent les jugements expéditifs et iniques des révoltés qui se sont courageusement soulevés en réaction au meurtre glaçant de Nahel. Tic-tac, les 100 jours d’apaisement touchent bientôt à leur fin et il ne faudrait pas que les festivités à venir, celles du 14 juillet, qui seront honorées de la présence d’un grand humaniste, en la personne de Modi, soient entachées par une odeur de brûlé, que la présence de braises leur portent ombrage, braises dont nous savons qu’elles demeurent et demeureront encore longtemps fumantes, jusqu’à la prochaine explosion qui ne manquera pas d’advenir tant les stigmates des galériens sont prégnantes. Bref, il faut faire place nette et foutre, fissa, tout le monde au trou ! Démonstration.

18e chambre, salle n°5, un camarade me livre le verdict d’auditions auxquelles je n’ai pu assister : 5 mois ferme avec maintien en détention pour un révolté, 3 mois de sursis pour un autre, enfin relaxe pour un troisième mais assortie de 1000€ d’amende pour dissimulation d’identité.

13e chambre, salle n°6, concernant ce dont je vais maintenant parler. Trois inculpés sont amenés dans le box, derrière une vitre, dans cette salle, vitre présentant une meurtrière…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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