Vous avez dit « violence désinhibée » ?

Après l’atroce assassinat d’un adolescent tué la semaine dernière à Viry-Châtillon (Essonne), qui venait après l’odieuse agression d’une autre collégienne à Montpellier, Emmanuel Macron, chef de l’État français, a donc déclaré qu’il fallait « protéger » l’école contre une « forme de violence désinhibée ». Oyant cela, on a d’abord (1) très envie de battre des mains, car, en effet : il faudrait. Puis, juste après, dans la demi-seconde qui suit : on se rappelle.



(1) Et pour peu que l’on prenne très arbitrairement le parti de ne pas entendre dans cette assertion présidentielle l’écho persistant des fantasmagories sur « l’école, sanctuaire sacré de la République » dont les droites françaises nous abreuvent obstinément depuis moult décennies – sans jamais renoncer, pour autant, à discréditer by all means necessary le métier d’enseignant·e.

On se rappelle, pour commencer, l’écrasement policier dans lequel des dizaines de gilets jaunes ont été, entre autres mutilations, éborgné·es, et où Zineb Redouane, 80 ans, a été tuée à Marseille au mois de décembre 2018. Puis on se rappelle la répression, cinq ans plus tard, de l’immense mobilisation des premiers mois de 2023 contre la réforme des retraites. Puis on se rappelle la cruauté hallucinée du châtiment militaire qui s’est abattu au mois de mars dernier sur les milliers de citoyens et de citoyennes qui s’étaient rassemblé·es à Sainte-Soline pour protester contre la destruction de l’environnement – et contre lesquel·les des armes de guerre ont été employées.


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Auteur: Sébastien Fontenelle