Plateau de LCI, à Boulogne-Billancourt, soirée du 1er octobre. Dans une émission spéciale portant sur le mouvement lycéen, le présentateur Darius Rochebin reçoit Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône et coordinateur national de la France Insoumise, Prisca Thevenot, députée des Hauts-de-Seine et ancienne porte-parole du gouvernement, et Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et président délégué du Rassemblement national à l’Assemblée nationale. Parmi ces trois invités, Manuel Bompard est le premier à exprimer le souhait de discuter, au cours de la soirée, des revendications portées par les lycéens. Il est immédiatement interrompu par Darius Rochebin : « On reviendra aux revendications des lycéens, il ne faut pas les passer sous silence, [du moins] les plus sérieuses. Mais avant ça, il y a l’urgence de l’ordre, il faut bien le dire. Et j’aimerais votre réaction sur ce qui est le plus urgent : répondre au désordre et à la violence. »
Conformément à cette hiérarchie de l’information, l’émission s’ouvre sur les vidéos de violences et saccages prétendument commis par des manifestants aux abords des lycées bloqués. Leur diffusion est ponctuée de commentaires, de la part du présentateur, exprimant une vive compassion envers les policiers et les gendarmes. À la vue d’une vidéo montrant une lieutenant de police mise à terre et frappée le 1er octobre à Paris, Darius Rochebin peine à contenir son émotion : « C’est vraiment la scène emblématique et terrible du pire de ce qu’on a vu aujourd’hui. […] Ce n’est même pas une question d’être de gauche ou de droite, c’est insoutenable. Ça pourrait être qualifié de tentative de meurtre. »Parallèlement, aucun des faits de violences policières, pourtant documentés par de nombreux médias indépendants dès le début de la mobilisation, ne suscite l’emploi d’un tel pathos par le présentateur….
Auteur: Emma Vinzent
