Vous dire à tous, que mardi j'ai eu honte d'être prof.

Récit d’une enseignante suite à la journée de mobilisation du mardi 13 octobre.

Je suis enseignante, syndiquée, depuis dix ans. Mardi matin, j’étais à la bourse du travail pour l’assemblée du mouvement.

Sur le trottoir on se demande si comme la semaine dernière il y aura des lycéen.nes. On, c’est les adultes qui sont là : des profs en grève, des représentants syndicaux, des étudiants et des militants de gauche.

Finalement, deux groupes de lycéen.nes arrivent à l’AG. D’abord, trois jeunes du Castel un peu défait.es après une tentative de blocage abandonnée au vu du nombre de jeunes prêt.es à soutenir l’action. Ensuite, quatres élèves de Charles De Gaulle la mine plus réjoui.es d’avoir ell.eux réussi à bloquer leur établissement pour la première fois depuis le début du mouvement.

Dès le début de l’AG, i.elles nous disent que c’est de plus en plus compliqué de se mobiliser. Les chefs d’établissement de leurs bahuts semblent régner en despotes et organiser la répression du mouvement avant tout.

À Charles de Gaulle les internes n’ont plus le droit de sortir de l’établissement, en cas de blocage cela permet de dire qu’il y a des élèves présents et que les cours doivent être dispensés. Au Castel, c’est le plein pouvoir sur les poubelles du quartier. Elles sont plusieurs centaines, méthodiquement rangées dans la cour pour éviter tout débordement. Ambiance séquestration, à tous les niveaux.

Mais ce n’est pas tout. Les jeunes présents disent tous avoir été menacé.es et humilié.es pendant les blocages par le personnel de l’administration du lycée.

Deux répètent qu’en venant ce matin à l’AG, elles ratent un Devoir Surveillé (DS) d’espagnol, que leur absence ne sera pas justifiée et que cela va impacter leur dossier, donc leur orientation.

Tout est très clair, après la répression policière, place à celles des chefs d’établissement.

Pour une écrasante majorité…

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