« Voyage au pôle Sud », de Luc Jacquet : l’attraction irrépressible pour l’Antarctique

Voyage au pôle Sud **

de Luc Jacquet

Documentaire français, 1 h 22

En 1991, Luc Jacquet avait effectué son premier hivernage en Antarctique, comme jeune écologue, sur la base française Dumont-d’Urville. Cette découverte du continent blanc, à travers l’objectif d’une caméra 35 mm, allait sceller son destin de documentariste. Depuis, ce passionné n’a cessé de revenir sur cette terre extrême, y tournant de très nombreux films dont La Marche de l’empereur, au succès mondial et couronné par un Oscar en 2006.

Une école d’humilité

Dans ce nouveau Voyage au pôle Sud, le réalisateur revient sur cette attraction irrépressible. Et nous entraîne à sa suite dans un périple qui commence dans les hauts-reliefs de Patagonie, balayés par des vents furieux, avant d’embarquer sur une mer démontée au cap Horn, de croiser des îles nommées Désolation ou Déception, pour se faufiler prudemment, entre banquise et icebergs, jusqu’à la terre de glace. « Ici, je me rapetisse avec plaisir confiant mon destin à des forces titanesques », note avec modestie notre guide.

Filmées dans un noir et blanc épuré, les images magnifient les pics et les arbres tourmentés de la Terre de Feu, comme les fragiles pointillés des manchots sur la neige. Les traces du changement climatique n’épargnent pas ces confins où Luc Jacquet observe le recul de glaciers spectaculaires, les menaces pesant sur la survie même de ses chers empereurs. Sa caméra s’attache à la faune qui survit dans ce milieu hostile. Elle capte émerveillée le ballet sous-marin des baleines, la douceur d’une maman léopard de mer et son bébé, la cohorte dissipée des manchots papous, comme « des gamins en voyage scolaire »

La beauté sauvera-t-elle le monde ?

Entre murmures, craquements, gouttes cristallines et sifflements semblables à ceux des phoques sous la banquise, la musique de Cyrille Aufort accompagne cette descente vers le pôle qui est aussi un…

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Auteur: Sabine Gignoux