1 – Les urgences
Quand elle m’a annoncé qu’elle me quittait, ne supportant plus mon alcoolisme, j’ai eu la sensation qu’un missile me traversait la tête de part en part, du milieu du front à l’arrière du crâne et finir par se ficher dans le mur.
Je me suis saisi d’un couteau et ai commencé à me trancher les veines. Vous savez quoi ? Ce n’est pas si facile, avant d’atteindre les veines il y a des nerfs super costaux, ou je m’y suis mal pris, ou c’était pas le bon outil ?
En tout cas, ça a donné le temps aux secours de venir m’embarquer manu-militari. Je me suis recroquevillé au fond du fourgon, m’excusant pour le dérangement.
Bien encadré par trois gaillards, mes pieds ne touchant même plus le sol, j’ai été présenté à l’équipe des urgences. Trois infirmières m’ont alors gentiment choppé, costaude aussi, m’ont confisqué toutes mes affaires, ne me laissant que mes vêtements.
Je me suis retrouvé allongé sur un brancard, à ce moment il devait être une heure et demie du matin, c’était un brancard un peu spécial, muni d’un système pour vous attacher bras et jambes. Je m’en suis étonné auprès des infirmières tandis qu’elles m’attachaient. Camisole de force ?
C’est pour votre bien, vous êtes suicidaire, ça évite que vous fassiez une bêtise. Et aussi pour nous, comme ça nous sommes tranquilles, s’il vous arrivait quelque chose encore, c’est nous qui serions responsables.
Mais j’ai l’habitude de dormir sur le côté, pas sur le dos !
Faudra vous y faire…
Charmante, la nuit. Au petit matin, une autre équipe m’a libéré un bras, tendu une tasse de café, beurré deux tartines de pain, avec de la confiture, que j’ai mangé plus par instinct que par appétit. De nouveau attaché, j’ai demandé à ce que l’on me libère, que l’on me laisse partir : « Impossible, c’est le psychiatre qui en décidera, et de toute façon ce ne sera qu’accompagné par une…
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