« Je pensais […] que les Occidentaux allaient se réveiller. Aujourd’hui, je vois à quel point j’ai été naïf et combien j’ai sous-estimé l’ampleur du problème. » Ces mots sont ceux de Taras Bilous, historien ukrainien mobilisé dans l’armée, membre du Rukh, mouvement socialiste ukrainien, lors d’une interview pour une revue tchèque début 2024. « Une partie significative de la gauche a adopté une position absolument incorrecte », poursuivait-il, recommandant de « moins se préoccuper de savoir quelle position abstraite est correcte, et de se concentrer davantage sur des actions pratiques pour nous aider à sortir du trou dans lequel nous nous trouvons ».
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Au lendemain de l’invasion russe de février 2022, l’historien ukrainien avait publié une « Lettre de Kyiv à une gauche occidentale », rédigée le 25 février 2022 (1), dans laquelle il dénonçait la position d’une partie de la gauche occidentale. Il cite les Socialistes démocrates de Nouvelle-Orléans, aux États-Unis, qui ont parlé « d’agression de l’Otan en Ukraine », et plus vaguement « ceux qui ont critiqué l’Ukraine pour ne pas avoir appliqué les accords de Minsk » ou « ceux qui ont exagéré l’influence de l’extrême droite en Ukraine […] et ont évité de critiquer la politique conservatrice, nationaliste et autoritaire de Poutine ».
Quelques mois plus tard, en août 2022, dans un article intitulé « Je suis un socialiste ukrainien. Voici pourquoi je résiste à l’invasion russe (2) », Taras Bilous expliquait ressentir de la « fatigue » et de la « déception » après avoir suivi des discussions avec la gauche internationale à…
Auteur: Pauline Migevant

