Ce texte de Roswitha Scholz, théoricienne clef de la théorie de la valeur-dissociation, a été pour la première fois publié en 2008 dans la revue allemande Phase 2. Il constitue un résumé de son article paru l’année précédente dans Exit !, qui tente d’articuler et de ressaisir l’antitsiganisme moderne dans une critique conséquente et radicale du rapport social capitaliste, en tant que patriarcat producteur de marchandise, tel que théorisé par la critique de la valeur-dissociation. Nous proposons aujourd’hui une traduction revue et corrigée en français de ce texte tant, plus de 15 ans après sa publication originale, l’antitsiganisme s’est développé et intensifié dans toutes les sphères de la société, en Europe mais aussi et plus particulièrement en France ; la gauche n’abordant pour ainsi dire jamais ce sujet, jugé visiblement secondaire, voire reconduisant des tropes (et des politiques) antitsiganes. C’est d’ailleurs par l’amer constat que la gauche elle-même n’est pas épargnée par ce racisme systémique que débutait Roswitha Scholz : « L’étude de l’antitsiganisme, c’est-à-dire du racisme spécifique envers les Sintés et les Roms, est marginale, même au sein de la gauche. Certains ne savent même pas ce que signifie ‘‘antitsiganisme’’ ». Cette légèreté affichée en ce qui concerne l’antitsiganisme, si ce n’est un haussement d’épaule ou une justification à peine voilée de celui-ci, ne peut plus perdurer ; car, rappelons-le, l’antitsiganisme, qui traverse donc l’ensemble de la société, violente et tue : le 22 février dernier à Chênex (Haute-Savoie), Angéla Rostas, Rom,mère de trois enfants et enceinte de 7 mois a été tuée par balle devant son mobil-home car « Tsigane ».
En Italie, on assiste ces derniers temps à une recrudescence des pogroms anti-Roms. Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’UE début 2007, fuyant des discriminations qui…
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Auteur: dev

