Il y a deux ou trois numéros, nous publiions [Les ressorts irrationnels de l’adhésion au fascisme–https://lundi.am/Les-ressorts-irrationnels-de-l-adhesion-au-fascisme] de Tristan Lefort-Martine. L’articule a suscité quelques réactions, peut-on rabattre la question du fascisme sur les mauvais calculs de ses partisans ? La rationalité contient-elle moins les ravages de l’époque que son supposé contraire ? etc. Ici, l’auteur propose de voir dans le fascisme, non pas une erreur mais un désir faible et mauvais et qu’il s’agit d’y opposer des affects plus puissants.
« Le racisme n’est pas une aberration de l’esprit [ni une passion sociale libre] : il est et sera la réaction petite-bourgeoise à la pression du grand capital. »
(Amedeo Bordiga [Martin Axelrad], « Auschwitz ou le grand alibi », dans Programme Communiste, no 11, 1960, p. 5).
Dans un article récent, Tristan Lefort-Martine (abrévié en « T. L-M » dorénavant) se proposait de revenir sur les « ressorts irrationnels de l’adhésion au fascisme ». J’aimerais moi-même revenir sur ce court article, pour le critiquer (je dis cela en toute camaraderie). La citation en épigraphe est donc une provocation, en ce sens, car elle n’exprime même pas ma position singulière. En tout cas, je vais essayer de faire aussi (si ce n’est plus) court.
D’abord le terme d’ « irrationalisme ». Je veux parler premièrement de la confusion du début de l’article entre l’irrationalisme revendiqué des idéologues du fascisme historique et celui des masses saisies (c’est drôle, « saisies ») par ce même fascisme, et y adhérant. Il faudrait savoir : qui est l’irrationaliste princeps là-dedans ? Deuxièmement, que Hitler et d’autres, cités par Wilhelm Reich, arguent de la « féminité » du peuple n’est pas niable ; que pour autant il faille condamner toute référence à l’ « action » nécessaire (plutôt qu’à une saine…
Auteur: dev

